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13.10.2006

Jacques Chirac veut réformer le dialogue social

Devant le Conseil économique et social, le chef de l’Etat a proposé d’empêcher toute modification du Code du travail avant une négociation préalable entre les partenaires sociaux. Ce projet de loi devrait être adopté avant la fin de la législature.

Jacques Chirac semble avoir retenu les leçons de la crise du Contrat première embauche. Devant les membres du Conseil économique et social, il a plaidé en faveur d’une réforme consistant à faire du dialogue un préalable à tout projet de loi portant sur le travail et l’emploi : « Il ne sera plus possible de modifier le Code du travail sans que les partenaires sociaux n’aient été en mesure de négocier sur le contenu de la réforme. »

Ces négociations porteront sur « un délai délimité, conciliable avec les exigences de l’action politique », délai pendant lequel « aucun projet de loi ne pourra être présenté », a-t-il indiqué. Le président de la République a expliqué que les « pouvoirs publics » allaient « devoir apprendre à légiférer, ou à prendre des ordonnances, sur la base du travail des partenaires sociaux ». Le chef de l’Etat a toutefois précisé que le dernier mot reviendrait à la représentation nationale.  
Se libérer d’une «ancienne tradition protestataire»
Et d’adresser un message à chacun des acteurs concernés. Au gouvernement, il a demandé ne pas être trop arc-bouté sur « une conception abstraite de l’intérêt général », précisant que l’Etat « de devait pas tout faire tout seul ». Les syndicats doivent quant à eux « se libérer d’une ancienne tradition trop souvent protestataire qui débouchent sur l’affrontement et le conservatisme ».
Quant aux organisations patronales, si « elles ont raison de demander plus de reconnaissance du rôle de l’entreprise », elles ont aussi, selon Jacques Chirac, trop « tendance à se complaire dans une vision trop étroite de l’intérêt de l’entreprise ». « Comme si le dynamisme économique du pays pouvait s’accommoder de l’exclusion de certaines catégories de personnes du marché du travail », a-t-il ajouté.
« La réforme repose sur un pari : le pari du dialogue, de l’engagement et de la responsabilité. La réforme est très importante pour l’avenir », a conclu le chef de l’Etat. Issu de la volonté conjointe de Jacques Chirac et du Premier ministre Dominique de Villepin, le projet devrait être présenté devant la Commission nationale de la négociation collective avant d’être examiné et voté par le Parlement avant la fin de la législature.
Une sécurité sociale professionnelle pour tous
Le chef de l'Etat a également proposé la mise en place d'une "véritable sécurité sociale professionnelle", qui devra accompagner le salarié tout au long de sa carrière. Cette nouveauté se traduirait notamment par des droits individuels à la formation, une aide personnalisée de retour à l'emploi en cas de chômage, et au changement de statut dans l’entreprise.

Passer sous la barre des 8 % de chômeurs
Enfin, Jacques Chirac a réaffirmé l'objectif du gouvernement de passer sous la barre des 8% de chômeurs dans le courant de l'année 2007. Il faut "en finir avec cette idée fausse et destructrice qu'il y aurait en France comme une fatalité du chômage", a-t-il ajouté, vantant l’action de son gouvernement ces derniers mois pour le retour à l’emploi : "Depuis février 2005, le chômage recule. Des centaines de milliers de familles retrouvent l'espoir et font à nouveau des projets". Alors que le taux de chômage est passé à 9% en août, Dominique de Villepin a, lui estimé mercredi dernier, vouloir viser un taux de chômage autour de 5 à 6%.

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